L’armée électronique, la nouvelle recrue du régime algérien.

Plusieurs pages facebook appelant le peuple algérien à se révolter ce 17 septembre contre le régime de Bouteflika ont apparu depuis la chute du dictateur libyen Maamar El Ghadafi, c’était clair que ces pages « en général rédigé en langue arabe » étaient lancés par des internautes libyens pour dénoncer « selon leur point de vue » la complicité du gouvernement algérien avec le régime criminel libyen. En parallèle, d’autres pages pro-régime algérien ont apparu sur le net, ces pages qui regroupent les mêmes fans et transmis les mêmes messages pro Bouteflika (tels que ; l’Algérie n’est pas la Lybie, La Tunisie, ou l’Egypte, les révolutionnaires sont des traitres, Ne touche pas à mon bled « l’Algérie », la  révolution va encourager le chaos et le terrorisme, ….) n’étaient qu’un début d’une salle guerre électronique.

Les fans de ces pages « en général des adolescents (entre 13 et 18 ans), clairement manipulés » ont ciblé, attaqué et piraté plusieurs pages et comptes facebook des internautes opposants au gouvernement algérien, parmi lesquels on cite la page « Boutef dégage, ouyahia dégage, généraux dégagez » qui regroupe plus de 4500 fans, ces hacker « surnommé Team Hourrass El Jazair (les protecteurs de l’Algérie) »  ont inondé la page, une fois sous leurs control par des publications et commentaires pro-régime et même pro Ghadafi accompagnés d’insulte et de menace avec une vulgarité choquante.

« Celui qui veut faire la révolution, il le fera chez sa sœur, on n’a pas besoin des violences, celui qui va sortir le 17 septembre on va le faire enculer », voila un exemple des citations publié par le nouveau admin de cette page. « Eux, ils vont sortir pour faire la révolution, et nous, nous allons sortir pour les faire enculer », ce n’est qu’un exemple des commentaires d’un très respectueux patriote algérien, « aka ; Pchichi MkaLchinah ».

Une autre capture d’écran montre la réponse du hacker à un commentaire hostile au pouvoir « Mohamed, dommage que tu porte ce nom, c’est clair que tu es un homosexuel en relation sexuelle avec des juifs ».

Une autre capture d’écran montre la réponse du hacker à un commentaire hostile au pouvoir « Mohamed, dommage que tu porte ce nom, c’est clair que tu es un homosexuel en relation sexuelle avec des juifs ».

Au moment ou la réception de la chaine de télévision Aljazeera était brouillé, sa page facebook a fait l’objet elle aussi d’une violente attaque informatique, ces « cyber baltaguis » ont essayé de submerger la page par le maximum de publications et commentaires pro Bouteflika et hostiles aux gouvernements Qatarienne, les pays arabes touchés par le mouvement des révolutions tels que la Lybie et l’Egypte, et l’opposition algérienne, (plus de 400 commentaires par minute) afin de bloquer cette page qui regroupe plus d’un million et demi million de fans.

« L’administration de la page facebook de la chaine Aljazeera informe ses généreux amis que la page subit des attaques …… en publiant des milliers de commentaires aléatoires, vulgaires et hostiles…… »

« L’administration de la page facebook de la chaine Aljazeera informe ses généreux amis que la page subit des attaques …… en publiant des milliers de commentaires aléatoires, vulgaires et hostiles…… »

Cette capture montre le message suivant « Avertissement au peuple algérien, voila le scénario de la chaine Aljazeera pour déstabiliser l’Algérie, des cellules terroristes vont ouvrir le feu sur les manifestants pour faire croire à l’opinion local et international que c’était un acte du gouvernement algérien, et pour s’assurer que le pays ne sombre pas dans chaos, éviter mes frères et sœurs de participer dans ces manifestations… ». Ce message a été capturé du mur de la page d’Aljazeera.

Cette capture montre le message de désinformation suivant « Avertissement au peuple algérien, voila le scénario de la chaine Aljazeera pour déstabiliser l’Algérie, des cellules terroristes vont ouvrir le feu sur les manifestants pour faire croire à l’opinion local et international que c’était un acte du gouvernement algérien, et pour s’assurer que le pays ne sombre pas dans chaos, éviter mes frères et sœurs de participer dans ces manifestations… ». Ce message a été capturé du mur de la page d’Aljazeera.

Quelques heures après le lancement de l’attaque, la page principale de la chaine Aljazeera, est devenue inaccessible (uniquement en Algérie), «  la page est toujours inaccessible, par contre elle est accessible en France et dans tous les autres pays du monde, information confirmée par plusieurs internautes », d’autres faux pages surnommé « Aljazeera » ont apparu sur le net pour donner l’impression aux internautes algériens que la page d’Aljazeera était piraté.

« Une capture d’écran d’une des faux pages créés par ces groupes pro régime algérien »

« Une capture d’écran d’une des faux pages créés par ces groupes pro régime algérien »

A la recherche d’un écho médiatique, ces mêmes groupes ont créé une page sous le nom de « Anonymous Algérie (Algeria) », les admins de cette page avaient un seul but (utiliser le nom anonymous pour regrouper le maximum d’internautes algériens « en général ceux qui supportent les actions d’anonymous » afin d’attaquer le site d’aljazeera en premier lieu, France 24, alarabiya et toutes autres médias qui ne partagent pas leurs soutient au régime algérien par la suite),  une attaque par déni de service distribué « DDoS » (en utilisant le programme LOIC) était prévu pour le 6 Septembre contre le site web d’Aljzeera.

« Cette publication capturé de la page du groupe (armé électronique algérien, un groupe d’hacker loyal au gouvernement algérien), montre que ce groupe a voulu utilisé le nom d’anonymous pour regrouper le maximum d’hackers algériens afin de réussir leurs frappe,  l’attaque a échoué, le site était opérationnel durant toutes la nuit du 6 au 7 septembre ».

« Cette publication capturé de la page du groupe (armé électronique algérien, un groupe d’hacker loyal au gouvernement algérien), montre que ce groupe a voulu utilisé le nom d’anonymous pour regrouper le maximum d’hackers algériens afin de réussir leur frappe, l’attaque a échoué, le site était opérationnel durant toute la nuit du 6 au 7 septembre ».

Des anons liés à l’#Op Algeria ont essayé d’expliquer à ces faux anons qu’anonymous ne tolère pas une attaque contre les médias et la liberté d’expression, qu’anonymous a toujours soutenu les peuples dans leurs combats contre la censure et l’oppression, et qu’anonymous ne soutient pas les gouvernements, mais toutes leurs publications et commentaires ont été supprimés.


L’Algérie, ou comment une caste confisque le pouvoir

 Cet article a été envoyé par mail à l’operation leakspin qui a décidé de publier cet article d’opinion:
 
L’Algérie, c’est entendu, est un pays « riche ». Hydrocarbures, potentiel touristique, pêche : comment se fait-il que ce pays soit au 84è rang pour l’indice de développement humain ? Pour le taux de mortalité des moins de cinq ans ? Pourquoi parle-t-on d’un taux de chômage tournant autour de 30% quand le ministère du Travail annonce 11% ? Comment lier ces « performances » aux explications du département d’Etat américain : « parmi les principaux problèmes de droits humains [en Algérie] figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association » ?
Cet article a pour objectif de donner, de manière rapide, une perspective historique sur le handicap dont souffre l’Algérie : la confiscation du pouvoir par une classe de militaires prêts à violer les droits de l’homme pour rester au sommet de la hiérarchie politique. Cette classe a intérêt à ce que l’information ne circule pas, en Algérie comme entre l’Algérie et l’extérieur, et doit entretenir l’ignorance pour survivre.
Quel est le point commun entre tous les présidents algériens depuis l’indépendance ? Tous, à l’exception de Mohamed Boudiaf (à la tête du Haut Comité d’Etat en 1992) sont des gradés de l’Armée Nationale Populaire, ex-ALN : du colonel Houari Boumediene au commandant Aziz Bouteflika. Cette catégorie de dirigeants, s’appuyant sur leur légitimité de moujahids et sur le fait que l’armée est le seul groupe à s’être structuré et renforcé pendant la guerre, est plus restreinte que le FLN. Le FLN par définition reste un front, rassemblant des sensibilités différentes, source de tensions. Mohamed Boudiaf, un des cadres dirigeants du FLN au début de la guerre d’indépendance, ministre d’Etat du gouvernement provisoire, est par exemple en désaccord avec Ben Bella dès juillet 1962, ce qui lui vaudra une condamnation à mort en 1964 et un exil jusqu’en 1992.  
Délimiter cette classe dominante, au cœur des affaires et de la vie politique an Algérie, n’est donc pas facile, mais faisable : il s’agit de quelques généraux d’état-major, placés au gouvernement, dans les instances militaires les plus puissantes. Un autre exemple : qui dirige le puissant Département du Renseignement et de la Sécurité créé en 1990 ? Un certain Mohamed Mediène. Ce général est resté très discret en politique. Selon Bakchich c’est Mediene qui  est à l’origine de la destitution et la mise sous contrôle judiciaire de Mohamed Meziane, président de la Sonatrach (120 000 salariés, 98 % des exportations algériennes, l’équivalent de 60 % des recettes budgétaires de l’Etat) en 2010. Selon Bakchich encore, « à travers le président de la Sonatrach, c’est le ministre du Pétrole, proche de Bouteflika, Chakib Khelil, qui est désormais dans le collimateur », ce qui démontre la puissance de la nébuleuse  militaire, non épargnée par les dissensions, qui dirige l’Algérie depuis 1962. D’ailleurs, Mediene n’est qu’un exemple : Bouteflika, Nezzar, sont d’autres noms à retenir si on s’intéresse au clan au pouvoir.
Toujours dans une perspective historique, la « caste » se maintenait, dans les années suivent l’indépendance, en utilisant son « aura », sa légitimité, intervenant dans tous les domaines, engrangeant les premiers fruits de l’exploitation des hydrocarbures. Le mécontentement de la population devenant trop explosif pour ce groupe privilégié, il a fallu organiser une parodie de démocratie à partir de 1988: le régime, selon Paul Balta, spécialiste de la Méditerrannée, reste en fait « présidentiel » et le président un militaire, malgré un multipartisme de façade. En parallèle, le pouvoir a été accusé de recourir à tous les moyens possibles pour se maintenir. L’entretien mal maîtrisé d’ennemis, à la fois pour obtenir le soutien de pays Occidentaux soucieux de participer à la lutte contre le terrorisme, et profiter de la guerre pour éliminer des opposants, aurait été un outil auquel Mediene aurait eu recours. Il est à ce propos inutile de rappeler le bilan des années noires, le résultat mitigé de la politique de concorde nationale et la persistance des attentats.
Entretenir l’ignorance et l’opacité est en effet, finalement, dans l’intérêt des quelques généraux aux avoirs démesurés à la tête du pays. L’opacité concernant les massacres des années 90, concernant l’attribution des marchés publics comme pour le projet de l’autoroute Est-Ouest, restreignant la liberté économique des Algériens et profitant, l’opacité sur les procédures administratives, encourageant la corruption, sur l’utilisation de la rente gazière, l’opacité sur la répression pour éviter que la contestation se répande –rappelons que les Algériens n’ont pas attendu, en Kabylie ou ailleurs pour se révolter ; profitent aux généraux.
Comment cette ignorance est-elle entretenue ? D’abord en négligeant l’éducation : un secteur en perpétuel chantier, sans moyens, comme le prouvent les grèves permanentes des professeurs. Ensuite, en étouffant le plus discrètement possibles tous les acteurs de la société civile susceptibles d’apporter une information offrant des perspectives à la population. Si l’on prend l’exemple des partis, le Département d’Etat américain note en avril 2010 que «parmi les principaux problèmes de droits humains figurent les restrictions sur la liberté de réunion et d’association, qui ont considérablement affaiblis les activités des partis politiques et la capacité des citoyens à changer le gouvernement de manière pacifique à travers des élections». Par ailleurs, il n’est pas besoin de résumer les pressions et procédés, mise en évidence dans des câbles diplomatiques, utilisés pour présenter la dernière élection comme démocratiques : fausses images, réunions préparées avec les observateurs.
Les médias traditionnels, qui se sont parfois montrés critiques, ne sont pas épargnés : toujours selon le rapport du Département d’Etat américain, « le gouvernement contrôle ainsi la plus grande source de revenus pour la plupart des journaux et utilise ce contrôle pour orienter le contenu dans la presse».
La « caste » a donc changé de stratégie depuis 1962 : des exactions menées par l’armée et coups d’états (1965), à une démarche plus discrète de domination économique et d’étouffement du jeu démocratique. La vingtaine de généraux au pouvoir est de plus en plus contrainte par une perte de légitimité auprès des plus jeunes (qui n’ont pas connu la guerre d’indépendance), une situation sociale explosive  et l’émergence de nouveaux médias. Son seul rempart : le désintérêt de toutes les opinions publiques – le ministre de la solidarité nationale annonçait 7 millions d’algériens à l’étranger en 2008 – nourri par le manque d’information et un flou volontairement maintenu. L’information libre est plus que jamais une nécessité.


L’armée Israélienne intercepte le bateau français « Al Karama » dans les eaux internationales.

Le bateau français Al Karama « le Dignité », le seul des dix navires de « la flottille de la liberté II  vers la bande de Gaza » qui a pu s’échapper au blocus, actes de sabotage et oppressions appliqués par les autorités Grecs en complicité avec Israël a été « piraté » sans incidents hier dans la matinée par des commandos de la marine israélienne à 40 milles nautiques de Gaza dans les eaux internationales, le bateau qui transportait 16 passagers « non armé et non violent », de six nationalités différentes a été remorqué vers le port d’Ashdod.

Le bateau français Al Karama

Le bateau français Al Karama

Selon, Julien Rivoire, un des porte-parole de l’association France-Palestine Solidarité « l’organisatrice de l’opération un bateau français pour Gaza » (contacté par les journalistes de France 24), les quatre navires de l’armée israélienne qui encerclaient le bateau français Al Karama ont procédé à un « acte de censure militaire » avant d’intercepter le navire, car toutes les communications (téléphone, internet, skype,..) ont été coupées vers 9h15.

Les passagers de la flottille arrêtés par l’IDF seront interrogés avant de les expulser vers leur pays d’origine.


Torture et impunité : Le rapport de Human Rights Watch sollicite la Maison Blanche d’enquêter sur la conduite criminelle de l’administration de George W Bush.

Human Rights Watch logo

Human Rights Watch logo

L’organisation non gouvernementale américaine « Human Rights Watch » a publié ce mardi 12 juillet un rapport accusant l’ex-président des États-Unis George Walker Bush et plusieurs hauts fonctionnaires américains, notamment l’ancien vice-président Dick Cheney, l’ancien secrétaire d’État à la Défense Donald Rumsfeld et l’ancien directeur de la CIA George Tenet d’autoriser et d’ordonner des actes de torture envers les détenus de Guantanamo Bay et d’Abou Ghraib, le rapport de 107 pages, intitulé « Getting Away with Torture : The Bush Administration and Mistrea­tment of Detainees (Torture et impunité : L’Administration Bush et les mauvais traitements infligés aux détenus) » fait état de preuves accablantes d’actes de torture commis sous l’administration de George W Bush.

Les quatres hauts responsables américains menacés de poursuites judiciaires

Les quatres hauts responsables américains menacés de poursuites judiciaires

Selon le rapport édité par l’ONG américaine, l’ancien président Bush ʺle filsʺ devrait faire l’objet d’une enquête pour avoir autorisé la technique d’interrogatoire dénommée « waterboarding » (simulacre de noyade) et d’autres abus à l’encontre des détenus.

George Tenet m’a demandé s’il avait la permission d’utiliser des techniques d’interrogatoire plus efficaces, comme le simulacre de noyade, pour faire parler Khalid Sheikh Mohammed.…

« Bien sûr que oui », ai-je répondu.

—    George W. Bush, ancien Président des États-Unis, 2010 « George W. Bush, Decision Points (New York: Crown Publishers, 2010), p. 170 ».

Le rapport a mentionné d’autres méthodes de torture autorisée par l’administration Bush dans des centres dirigés par les États-Unis en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo Bay tels que les positions de « stress » douloureuses, la nudité prolongée, la privation de sommeil, de nourriture et d’eau, l’exposition à des températures extrêmes ainsi que l’emprisonnement dans un lieu totalement obscur où était diffusée une musique assourdissante pendant des semaines, passages à tabac, étouffement, abus sexuels et simulacres d’exécution.

Torture d'un détenu à Abu Gharib -Irak-

Torture d'un détenu à Abu Gharib -Irak-

Il ne fait plus aucun doute que l’administration actuelle a commis des crimes de guerre. La seule question qui reste à résoudre est celle consistant à savoir si ceux qui ont ordonné le recours à la torture devront rendre des comptes.

—    Général de division Antonio Taguba, juin 2008 « Général de division Antonio Taguba, dans la “Préface” de Physicians for Human Rights, Broken Laws, Broken Lives: Medical Evidence of Torture by US Personnel and Its Impact ».

L’organisation de défense des droits de l’homme « Human Rights Watch » a salué les mesures importantes prises par le président Barack Obama  en faveur des droits humains et les droits des détenues, mais il estime que les éléments de preuve réunis dans ce nouveau rapport sont suffisants pour permettre au gouvernement américain actuel d’ordonner l’ouverture d’une vaste enquête criminelle sur les allégations de torture et de mauvais traitements à l’encontre des détenus, sur le programme de détention secrète de la CIA ou sur l’extradition de prisonniers vers des pays pratiquant la torture, le rapport insiste sur la nécessité d’enquêter sur la conduite criminelle présumée des quatre hauts fonctionnaires américains.

Vous pouvez consulter le rapport complet en anglais ici.

Vous pouvez aussi consulter un résumé de rapport (14 pages) en français ici.


Le départ de la « Flottille de la liberté II » vers Gaza est imminent.

Après une campagne de mobilisation internationale de plusieurs mois, les organisateurs de la « Flottille de la liberté II » annonçaient ce mardi 21 Juin à Athènes que le convoi humanitaire qui regroupe plusieurs bateaux avec, à bord, entre 300 et 400 passagers venus du monde entier, seront en route vers la bande de Gaza avant la fin du mois pour transporter de l’aide humanitaire en forçant le  blocus israélien.

Durant l’année 2011, les organisateurs de la deuxième flottille pour Gaza ont lancé plusieurs initiatives de mobilisation comme « Irish ship to Gaza, US Boat to Gaza, Un bateau français pour Gaza, …… », le fruit des ces actions internationales était au total, une douzaine de bateaux, venus d’Amérique, d’Asie mais surtout des pays du continent européen, ces bateaux transportent en plus des aides humanitaires, des représentants des organisations non gouvernemental (ONG), des personnalités publiques et des médias de 22 pays.

Malgré la décision des autorités turques de bloquer le départ du navire « Mavi Marmara » qui représente un symbole d’activisme internationale contre l’armée israélienne, une décision prise sous les pressions du président américain Barack Obama, aussi pour ne pas compromettre les négociations en vue d’une résolution de la crise diplomatique qui oppose la Turquie et Israël depuis le 31 mai 2010 suite à la mort de neufs militants turcs tués par un commando israélien lors de l’assaut sur le navire « Mavi Marmara », l’un des navires de la première flottille pour Gaza , les organisateurs sont déterminé à réussir leur mission de lever le siège maritime israélien appliqué sur la bande de Gaza, ils ont confirmé la présence d’un bateau (U.S.)  « l’Audacity of Hope » avec, à son bord, des juifs américains.

Considéré comme provocation et démarche politique, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU Ron Prosor a déclaré aux journalistes, en marge d’une réunion du Conseil de sécurité sur le Moyen-Orient qu’Israël est déterminé à stopper la flottille dans le cadre de l’autodéfense, un nouvel usage de la force contre le convoi humanitaire est possible,  car les Etats-Unis ont mis en garde ce mercredi leurs ressortissants contre toute participation à cette flottille, même le secrétaire général des nations unies (ONU) Ban Ki-moon a demandé et écrit une lettre aux gouvernements concernés pour qu’ils usent de leur influence pour décourager les flottilles qui veulent la fin totale du blocus de la bande de Gaza et le respect des droits fondamentaux et la dignité des Palestiniens.


Le rapport d’Amnesty International critique sévèrement la situation des droits de l’homme en Algérie.

Le rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en Algérie, élaborer par Amnesty International (ONG) a été rendu public le vendredi 13 Mai 2011. Liberté d’expression, d’association et de réunion, lutte contre le terrorisme et sécurité, discrimination et violences à l’égard des femmes, impunité – disparitions forcées, liberté de religion, peine de mort et droits des migrants, été les principaux aspects traités par le rapport d’Amnesty International.

Le rapport complet d’Amnesty International sur l’Algérie est accessible ici.

amnesty-international

amnesty-international

« Des défenseurs des droits humains et d’autres personnes ont été empêchés de tenir certaines réunions et manifestations. Des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité ont été arrêtées et incarcérées sans contact avec le monde extérieur. Des femmes victimes de violences liées au genre ont été privées de voies de recours. Des étrangers ont été arrêtés et expulsés sans pouvoir faire appel de cette décision. Des chrétiens ont été persécutés pour avoir pratiqué leur foi sans autorisation ; d’autres personnes ont été jugées pour avoir dénigré les préceptes de l’islam. Aucune exécution n’a été signalée, mais plus de 130 personnes ont été condamnées à mort. Les autorités n’ont pris aucune mesure pour lutter contre l’impunité dont bénéficiaient les responsables de disparitions forcées et d’autres atteintes graves aux droits humains perpétrées par le passé ». Ce n’est qu’un résumé sur un constat accablant sur la situation des droits de l’homme en Algérie.

Le rapport qui couvre l’année 2010, a précisé que les attentats à l’explosif lancés par des groupes armés dont, en particulier, Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ont fait au moins 45 morts parmi les civils et une centaine d’autres au sein de l’armée et des forces de sécurité.

Les opérations menés par les services de sécurité dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ont fait plus de 200 mort parmi les groupes armés islamistes, l’Amnesty accuse des agents du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) d’arrêter des personnes soupçonnées d’infractions liées à la sécurité et de les placer en garde à vue, parfois au-delà de la durée maximale de 12 jours prévue par la loi, dans des centres de détention non reconnus où elles risquaient d’être torturées ou autrement maltraitées.

Concernant le sujet des disparus, sujet qui embarrasse l’Algérie depuis les années 1990, Amnesty a constaté que les autorités n’ont pris aucune mesure pour enquêter sur les milliers de disparitions forcées et autres violations graves des droits humains qui ont eu lieu au cours du conflit interne des années 1990. Elles ont continué de mettre en application la Charte pour la paix et la réconciliation nationale (Ordonnance n° 06-01), qui accorde l’impunité aux forces de sécurité et octroie l’amnistie aux membres de groupes armés responsables d’atteintes flagrantes aux droits humains « un haut responsable gouvernemental a affirmé que 7 500 (terroristes repenti) avaient bénéficié d’une amnistie depuis 2005 ».

Le rapport a noté que l’an 2010 été marqué par des grèves, émeutes et manifestations organisées pour réclamer des emplois, des logements et de meilleurs salaires, et que des manifestants ont été arrêtés et ont fait l’objet de poursuites. Le rapport à cité et a critiqué l’interdiction de certains rassemblements et manifestations organisés par des défenseurs des droits humains, des journalistes et des proches de victimes de disparition forcée.

Discrimination et violences à l’égard des femmes, les attaques contre les temples protestants et chrétiens, Liberté religieuse, la peine de mort et la situation des travailleurs migrants en situation irrégulière en Algérie étaient aussi l’objet de ce rapport.

Le rapport d’Amnesty International vient quelques semaines après le rapport de l’ONU qui a critiqué la situation de la presse et des libertés publiques en Algérie dressé par le rapporteur spécial de l’ONU Frank La Rue (vous pouvez consulter l’article sur le rapport de l’ONU ici).


Enel: le scandale de Palo Viejo

communiqué de presse enel

L’operation green rights a pour but de dénoncer les abus des compagnies d’électricité. Anonymous dénonce aussi bien les mauvais traitements aux Ixil (ethnie qui descend des Mayas) qui protestent contre le projet de centrale électrique de Palo Viejo que l’opacité sur la gestion des centrales nucléaires. En 2009, après la mort de deux jeunes Ixils, écrasés par un camion de la compagnie de BTP israélienne Solel Boneh, les mouvements de protestation se sont intensifiés et les indigènes ont bloqué pendant plusieurs jours les principales artères de communication. Selon des OGM et le Movimiento de Jóvenes Mayas, les chefs du mouvement d’opposition ont été menacés de mort. Comme pour Chixoy Dam, le plus grand projet de centrale hydroélectrique du pays, la population de Cotzal est opposée à la destruction du fragile équilibre de leur terre maternelle que leurs ancêtres ont su préservé depuis des milliers d’année. La construction d’un barrage ou d’une station électrique conduit dans ces cas à une inévitable détérioration de l’écosystème, une perte de la biodiversité et à une inondation des terres qui sont souvent la seule source de revenu pour les communautés mayas. A cela s’ajoute la dimension historique et culturelle des territoires concernés par le projet, ces lieux sont sacrés pour les Ixil.

Enel et le gouvernement italien sont aussi critiqués pour l’exploitation prévue de centrales nucléaires alors que le peuple italien avait dit non par référendum (voir l’article sur l’operation green rights).

Pour les hispanophones, vous pouvez aller plus loin en lisant cet article:

Movimiento de Jóvenes Mayas difunden nota en defensa de la comunidad Ixil, Adital, 27/04

Les autres entreprises qui seront visées par l’operation green rights sont EDF, TEPCO et BP. Nous en parlerons en temps venu.


09ALGIERS1162: L’Algérie a autorisé des avions américains de reconnaissance EP-3 à survoler le territoire Algérien.

Le câble diplomatique 09ALGIERS1162, qui date de décembre 2009, révèle  que le gouvernement algérien a donné le feu vert aux avions de reconnaissance américains de type EP-3, à survoler la région du sud-ouest de l’Algérie (près de la wilaya de Tindouf) ainsi que la bande frontalière avec la Mauritanie et le Mali.

Le câble original en anglais est accessible ici

Numéro d’identification

Créé le Publié le Classification Origine
09ALGIERS1162 2009-12-30 16:04 2010-12-06 21:09 SECRET//NOFORN

Embassy Algiers

  1. VZCZCXYZ0000
  2. OO RUEHWEB
  3. DE RUEHAS #1162 3641633
  4. ZNY SSSSS ZZH
  5. O 301633Z DEC 09
  6. FM AMEMBASSY ALGIERS
  7. TO RUEHC/SECSTATE WASHDC IMMEDIATE 8283
  8. INFO RUEHBP/AMEMBASSY BAMAKO PRIORITY 1060
  9. RUEHNK/AMEMBASSY NOUAKCHOTT PRIORITY 6822
  10. RUEHRB/AMEMBASSY RABAT PRIORITY 2813
  11. RHMFISS/HQ USAFRICOM STUTTGART GE PRIORITY
  12. RUEKJCS/SECDEF WASHDC PRIORITY

CLASSE PAR : Le chef de mission adjoint (DCM) William Jordan; raisons 1.4 (b) et (d). (La lettre S en début des chapitres annonce des commentaires Secrets. Les lettres NF (NoForn) en début des chapitres annoncent qu’aucune personne non américaine n’est autorisée à lire le câble diplomatique, excepté quelques Britanniques et Australiens.).

avions de reconnaissance EP-3

avion de reconnaissance EP-3

Résumé.

¶ 1. (S / NF)   Le chef du bureau du conseil de sécurité (OSC) à livré le 29 Décembre au bureau des relations extérieures et la coopération du Ministère de la Défense algérien (DREC) une demande de permission de survol des avions de reconnaissance EP-3. Il n’y avait pas de réponse immédiate, mais le DREC a convoqué le chef d’OSC pour une réunion de suivi le 30 Décembre pour l’affirmer (1) qu’aucune décision n’a été possible avant la semaine prochaine et (2) que les demandes de survol exigent généralement un préavis de deux semaines avant qu’ils puissent être approuvés.

La mission des avions de reconnaissance EP-3.

¶ 2. (S / NF)   le 30 Décembre, le chef de mission adjoint (DCM) a eu un double suivi sur la demande de permission de survol des avions EP-3 avec Sabri Boukadoum, directeur général Amérique au ministère des Affaires étrangères Algérie, le chef de mission adjoint (DCM) a souligné que la demande avait pour but (1) de surveiller des zones de la Mauritanie et le Mali où AQMI « Al Quaida du Maghreb Islamique » mènent ses opérations. (2), sans savoir ce que donnerait l’enquête, l’USG ne pouvait prendre aucun engagement à l’avance sur les données qu’il peut partager avec le GOA, et (3) que cette demande doit être considérée comme un suivi de la récente visite du commandant de l’AFRICOM le général Ward et une démonstration sur la coopération de sécurité renforcée que nous voulons face à la menace d’AQMI dans la région du Sahel (trans-sahara). Il vous a expliqué que nous avions fait la même demande à d’autres gouvernements dans la région et nous sommes dans l’attente de leurs réponses.

Trajectoire de vol des EP-3.

¶ 3. (S / NF)   Boukadoum a demandé des informations sur la trajectoire de vol prévue des avions de reconnaissance EP-3 dans l’espace aérien algérien (DCM a confirmé que le départ de ces avions s’effectuent de la base aéronavale américaine de Rota, située dans le sud de l’Espagne pour survoler la région du sud-ouest algérien « près de Tindouf »), sur la question si l’avion chercherait à survoler la Mauritanie et le Mali sur chaque mission (DCM a répondu que les missions seraient divisés entre ceux principalement survolant le Mali ou la Mauritanie, mais pas les deux), et si la collecte se produirait à l’intérieur de l’espace aérien algérien (DCM a réaffirmé que la collecte sur l’AQMI ne s’effectue pas en Algérie à moins que le GOA l’a demandé.

Réponse du gouvernement Algérien.

¶ 4. (S / NF)   Comme avec le bureau des relations extérieures et la coopération du Ministère de la Défense algérien (DREC), Boukadoum a indiqué que nous ne devrions pas attendre une réponse définitive avant la semaine prochaine, toutefois, il nous a confirmé de transmettre notre demande jusqu’à sa hiérarchie immédiatement. Boukadoum s’attend à ce que les plus hauts niveaux du GOA examineraient la demande.

Commentaire.

¶ 4. (S / NF)    Bien que les bureaux seront fermés pour la fête du nouvel an à partir du 30 Décembre, nos interlocuteurs savent comment atteindre les principales Point de Contact (POC) de l’Ambassade si cela s’avère nécessaire avant de rouvrir le dimanche, 3 janvier. Dans l’attente d’une réponse et compte tenu de la longue durée de deux semaines exigé par la DREC pour répondre à toute demande de survol, les planificateurs de cette mission devrait être prêt à fournir au moins un calendrier théorique pour les vols des avions de reconnaissance EP-3 en questions. Nous avons insisté sur le nombre des sorties  et le calendrier envisagé pour ces opérations, mais il ne faut pas s’attendre à recevoir une autorisation générale pour tous les survols. Avoir le maximum d’informations possible sur ces vols pour les partager avec le GOA devrait minimiser le besoin potentiel d’avoir une permission pour chaque vol avec 14 jours d’avance.

PEARCE.


Syrie: Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

La situation en Syrie est dramatique. La révolution prend des allures libyennes avec des affrontements très violents entre la population qui se soulève et l’armée. Il est difficile d’établir un bilan mais on parle en centaines de morts. La ville de Deraa a été bombardé plus d’un mois. On ne peut laisser un massacre se dérouler en toute impunité sans réagir.

free syria

Image pris à Banyas le 17 avril. Photo de "the Syrian days of rage – English"

Le président Nicolas Sarkozy qui avait accueilli Bachar el Assad, le président de la Syrie, en 2008 se doit maintenant de condamner vigoureusement les violations des droits de l’Homme commises.

Une lettre ouverte a été publiée:

Lettre ouverte au Président de la République et au Ministre des Affaires étrangères

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Nous nous inquiétons de l’inefficacité de vos réactions face à l’extrême gravité de la situation politique en Syrie. Les tirs sans sommation du vendredi 22 avril, l’entrée des chars dans Deraa et ailleurs le lundi 25 avril, les tirs à l’arme lourde sur des manifestations pacifiques, les arrestations, les tortures, les disparitions auraient dû susciter une réaction diplomatique plus forte que des condamnations verbales, des appels à l’O.N.U et à l’Europe. Il apparaît ici une étrange exception syrienne.
Nous nous interrogeons sur cette diplomatie à géométrie variable que conduit la France dans le monde arabe. Ni le rôle stratégique de la Syrie au Proche-Orient, ni les relations d’amitié et d’échange qui existent entre nos deux pays ne peuvent justifier votre attentisme, comme celui des autorités internationales. On ne trouve aucune prise en compte de la situation actuelle sur le site du groupe d’amitié France-Syrie du Sénat, présidé par M. Marini, dont les informations s’arrêtent en juillet 2010 – il y a 8 mois (pages « Actualités »). Le groupe d’amitié France-Syrie de l’Assemblée nationale, présidé par M. Gérard Bapt, les associations officielles franco-syriennes, comme l’association d’amitié France-Syrie – qui comprend dans son comité d’honneur Claude Cheysson, ancien Ministre des Affaires étrangères, et Dominique Baudis Député européen, président de l’Institut du Monde Arabe –, sont également restés silencieux. C’est à titre personnel que Dominique Baudis a condamné la répression à l’œuvre.
Il n’est plus temps de prétendre favoriser une « évolution du régime » désormais illusoire, ni de craindre une « prise de pouvoir par des forces extrémistes » alors que les manifestants ne cessent de clamer leur seul désir de liberté. La France prétend « promouvoir des processus de paix » dans la région : comment défendre une politique de paix en s’alliant à un gouvernement en guerre contre son propre peuple ?
Nous vous demandons aujourd’hui de prendre la mesure de la réalité des massacres en cours en Syrie. La France n’a pas besoin d’attendre une résolution de l’O.N.U pour prendre d’ores et déjà des décisions fortes. Le gel des avoirs des dirigeants syriens en France, la suspension des partenariats énergétiques et culturels – partenariat musée du Louvre – Syrie, projets de métro damascène ou de nouveau terminal à l’aéroport de Damas, de vente d’Airbus, accords pétroliers et gaziers stratégiques signés sous votre égide en 2008, Monsieur le Président de la République – sont de ces décisions. La question de la rupture des relations diplomatiques est ouverte, qui implique le rappel de l’Ambassadeur de France à Damas.
Plutôt qu’une alliance entre le régime syrien dictatorial et le gouvernement français qui dit porter les valeurs démocratiques, nous en appelons à une solidarité entre deux peuples et nous renouvelons avec force notre appel, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, à une position plus ferme de la France.

Vous pouvez signer la pétition sur le site petitionpublique.fr, cliquez ici.

La pression de l’opinion publique est essentielle pour faire pousser un chef d’Etat à agir. Votre signature compte.


Ouyahia, ennemi du peuple numéro un

Depuis l’indépendance, les dirigeants Algériens n’hésitent pas à faire appel à la théorie du complot fantôme et manipulation externe et parfois interne, mais ces derniers jours le premier ministre Algérien Ahmed Ouyahia a multiplié ses sorties médiatiques pour culpabiliser des inconnues sur la situation politique et social de l’Algérie.

Toujours fidèle à son arrogance, Ouyahia se croit l’élu ou un prophète que dieu l’a envoyé pour gouverner l’Algérie, a déclaré lors d’une conférence de presse à l’issue de la 4eme session ordinaire du conseil national du RND (Rassemblement National Démocratique), « Ceux qui veulent brûler l’Algérie cherchent des cadavres», plus que ça, pour Ouyahia, les Algériens qui veulent un changement politique pacifique comme la CNCD ou autres, vont provoquer un chaos total et une descente aux enfers, «L’Algérie a payé un lourd tribut, avec des milliers de morts, et elle ne s’est pas encore entièrement remise de cette situation. Que veut la société algérienne, aller d’une marche à une autre et descendre aux enfers ?». Il a même démonté les rumeurs qui circulent sur un changement prévu par Bouteflika, (révision de la constitution et dissolution du parlement).

Bien avant ça, le monsieur Ouyahia et lors d’une émission diffusé par la télévision national a accusé certaines parties sans les nommer comme toujours de chercher à transférer le conflit politique sur le terrain social, il a oublié que le but de la politique est de trouver des solutions et moyens afin d’améliorer le niveau de vie des citoyens, pire, il admet qu’il existe un terrain favorable à la contestation de rue, surtout au niveau des jeunes mais pour Ouyahia, l’échec de quelques ministres ne constitue pas un échec politique d’un régime millitaire corrompu et répressif qui gouverne le pays par un bras de fer depuis plus de cinquante ans.

Mais comment on peut expliquer que juste une semaine après les violentes émeutes qui ont secoué des cartier de l’Algérois comme Climat de France et Diar El Mahçoul ce mois de Mars, causé par la crise du logement qui s’aggrave en Algérie, le gouvernement d’Ahmed Ouyahia réserve les meilleurs terrains de la commune de Staoueli (ouest de la capitale) pour construire des résidences d’État au bénéfice des responsables politiques et militaires dans des conditions opaques et lance un projet de construction de résidences d’État aux frais du contribuable. Une nouvelle cité destinée exclusivement aux responsables de l’État aux Dunes à Chéraga dans la banlieue ouest d’Alger, Comment on peut expliquer les scandales financières qui secoue le pays depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir, (Sonatrach, autoroute est ouest, Elkhalifa,….), comment on peut expliquer la fuite des jeunes Algériens vers l’autre rive de la méditerrané pour une vie meilleures et plusieurs d’entres  eux  retrouvent la mort, comment on peut expliquer et expliquer et expliquer…..

Considéré comme l’homme le plus proche de l’armé, Ouyahaia n’a pas démonté ses ambitions présidentielles, car lors de l’émission de la télévision Algérienne, le patron du RND a paraphrasé l’ancien président français Giscard  d’Estaing qui a dit un jour : « il y a un destin entre moi et la présidence ». Comprendre : pour Ouyahia, le Palais d’El Mouradia est une question de destin, d’ici on peut comprendre qu’Ouyahia multiplie ses sorties médiatiques pour anticiper et avorter toutes initiatives d’un changement démocratique en Algérie car l’enjeu est grand, Il a juste oublié qu’il est considéré comme l’ennemi publique numéro un, et même lors des marches organisé par la CNCD, les baltaguis payés par le pouvoir pour chouchouter les marches scandaient « Bouteflika dyalna -notre Bouteflika- et Ouyahia berra -dégage- » et s’il veut être le président en 2014, il n’a qu’à passer sur les cops de milliers d’Algériens.


Côte d’Ivoire : Gbagbo continue de s’accrocher au pouvoir, les combats reprennent

Jusqu’au bout, le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo aura cherché à sauver son poste. À la tête d’une armée détruite, retranché dans sa résidentielle présidentielle, il refuse toujours de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara, à l’élection du 28 novembre.

Lundi soir, il est sorti d’un long silence, accordant coup sur coup des interviews téléphoniques à la chaîne d’information française LCI et à la radio française RFI. Il a certes reconnu que son armée avait été défaite, après les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne.

Mais son message était ailleurs : il affirmé une nouvelle (et dernière ?) fois qu’il ne négocierait pas son départ de la présidence, convaincu qu’il semble être d’avoir remporté l’élection présidentielle.

« La seule chose qui reste à négocier », lui a rétorqué le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé sur France info mercredi matin, ce sont les « conditions » de son départ.

« Entêtement absurde »

« Nous avons demandé à l’ONU de lui garantir son intégrité physique, ainsi qu’à sa famille [...] et d’organiser les conditions de son départ. C’est la seule chose qui reste à négocier désormais », a déclaré Juppé. Interrogé sur un éventuel exil en Mauritanie, il a répondu : « Je n’ai pas d’indication là-dessus. »

Alain Juppé a par ailleurs dénoncé un « entêtement absurde » de Laurent Gbagbo, qui n’a « désormais plus aucune perspective , tout le monde l’a lâché ».

Gbagbo risque-t-il de faire l’objet de poursuite de la Cour pénale internationale (CPI), s’il se rend ? « Seule la Cour pénale internationale peut prendre des décisions », a répondu Alain Juppé. La France, comme l’ONU, exige notamment que Laurent Gbagbo signe un document dans lequel il reconnaîtrait Alassane Ouattara comme président de Côte d’Ivoire. « Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je signe ça ? », a-t-il lancé sur LCI. La question d’un éventuel exil serait aussi un des points de blocage.

Le Premier ministre français François Fillon avait affirmé mardi que deux de ses généraux négociaient sa reddition. Mais Laurent Gbagbo va-t-il leur reconnaître ce droit ? Son ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, réfugié à la résidence de l’ambassadeur de France, a déjà perdu son mandat pour négocier au nom de Laurent Gbagbo : dans l’entourage du président sortant,  on l’accuse même d’être un « traître ».

Tirs entendus à Cocody et au camp d’Agban

Devant cette intransigeance, Alassane Ouattara a-t-il voulu lui faire comprendre qu’il n’avait plus le choix, en poussant à nouveau son avantage militaire ?

Mardi soir, alors qu’officiellement, les combats étaient à « l’arrêt » d’après l’Onuci, des tirs étaient entendus près de Cocody, où se trouve la résidence présidentielle, tandis que la TCI, la télévision du camp Ouattara, diffusait des extraits de La chute, le film sur les derniers jours d’Adolf Hitler dans son bunker de Berlin.

Mercredi, à l’aube, les habitants de la Riviera signalaient des combats dans leurs quartiers et de très intenses tirs à l’arme lourde se faisaient à nouveau entendre au niveau du camp de gendarmerie d’Agban.

Préparation d’une intervention de l’Afrique du Sud à Abidjan

Va-t-on vers l’intervention d’une nouvelle armée étrangère en Côte d’Ivoire ? Selon nos informations, l’Afrique du Sud se prépare en effet à envoyer des soldats à Abidjan pour mettre ses ressortissants en sécurité.

La marine sud-africaine dispose déjà d’un navire ravitailleur qui mouille au large d’Abidjan, le SAS Drakensberg. Ce bâtiment peut notamment accueillir un hélicoptère .

Pretoria dispose aussi d’un autre bâtiment de guerre, situé dans le Golfe de Guinée, et qui devrait faire mouvement vers Abidjan prochainement.

Une centaine de parachutistes-commandos sud-africains sont aussi stationnés à Accra (Ghana) et pourraient intervenir dans la capitale économique ivoirienne.

Pour une vingtaine de ressortissants

Il s’agirait pour Pretoria de mettre ses ressortissants à abri et éventuellement de les évacuer. Mais le  faible nombre de Sud-Africains à secourir (ils ne sont que 20 à Abidjan, selon nos informations) pose question.

On ne peut faire que des supputations à ce stade, mais si Laurent Gbagbo, assiégé à dans sa résidence présidentielle, en venait à choisir l’exil, il aurait besoin d’un point de chute et d’une exfiltration par des forces qui ont sa confiance…

L’Afrique du Sud s’était en tout cas distinguée  par sa relative bienveillance à l’égard de Laurent Gbagbo tout au long de la crise ivoirienne. Pretoria était favorable à une négociation entre lui et Alassane Ouattara, quitte à permettre au président ivoirien sortant de rester en place.

L’Afrique du Sud n’avait demandé officiellement le départ de Laurent Gbagbo qu’après la remise des conclusions du panel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (dont faisait parti le président Jacob Zuma), le 10 mars.

Pretoria s’est à nouveau fait remarqué cette semaine en prenant ses distances avec les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne.

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d’Ivoire, avait déclaré la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane lors d’un point-presse à Pretoria. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n’avons pas voté. »


L’armée saoudienne tire sur la population bahreïnie

L’armée saoudienne déployé au Bahreïn dans le cadre du Conseil de la Coopération du Golf (Gulf Cooperation Council, GCC) s’est montrée décidé à appliquer son mandat d’intervention en tirant sur les foules de manifestant. Cliquez ici pour voir l’article précédent sur l’intervention militaire saoudienne et les raisons de la colère au Bahreïn.

logo gcc

Le Gulf Cooperation Council (Conseil de Coopération du Golf) est une organisation régionale qui comprend l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Koweït, le Quatar et l'Oman. Le GCC a été créé en 1981 sous la pression des Américains, initialement pour contrer l'influence du baathisme irakien et du régime islamiste iranien. Le GCC est avant tout une organisation économique et sociale mais elle prévoit une intervention militaire en cas d'agression étrangère.

Dans cette vidéo prise le 16 mars, on voit des soldats saoudiens tirer sur la foule.

Il n’y a pas de bilan précis mais on peut affirmer avec certitude qu’il y a plusieurs morts par jour. Les forces de l’ordre bahreïnies continuent d’attaquer les hôpitaux et de rouer de coup les équipes médicales. Aujourd’hui, l’hôpital de Salmanya a été attaqué, le récit de l’attaque est tout simplement édifiant:

L’armée prend de force tous les citoyens blessés admis dans les services de chirurgie, un par un, des ambulances ver l’hôpital des forces de défense bahreïnies (Bahrein Defence Forces, BDF). Ils prennent leurs dossiers et notes des services ,effaçant toues les informations des ordinateurs. Ils ont menacé les infirmières expatriées pour qu’elles se taisent. Ils ont fermé un des accès vers les ascenseurs du bâtiment qui mènent aux services de chirurgie et d’orthopédie. Le seul accès au bâtiment est contrôlé par des gardes armés qui ne laissent passer les gens qu’après une fouille minutieuse. L’atmosphère dans l’hôpital est effrayante et peu sûre d’après ce que m’ont raconté les médecins et les infirmiers. Nous pensons tous que demain quelques ONG viendront visiter l’hôpital de Salmaniya pour voir les citoyens blessés. Du coup, ils essaient de dissimuler les preuves en transférant les patients vers l’hôpital des BDF et en cachant/ ou en effaçant toutes les notes. S’il vous laît, appelez toutes les ONG pour qu’elle soient au courant de ce qui se passe. Il est probable que le croissant rouge du Koweït, la croix rouge ou d’autres viendront. Nous sommes surs qu’ils [les forces armées du Bahreïn] ne laisseront personne d’honnête joindre ces gens là pour leur raconter la situation.

Le déménagement d’un hôpital est une opération délicate qui nécessite plusieurs semaines de préparation et un arrêt progressif de l’activité dans les services. Déplacer brutalement des blessés graves dans la plus grande précipitation aura forcément des conséquences désastreuses sur les patients.

Toutes les confessions sont concernées par la répression, chiite ou sunnite. Il serait réducteur de considérer le conflit bahreïni comme religieux, comme voudraient le faire croire la famille Al-Khalifa qui dirige le pays ou l’Arabie Saoudite. Il ne s’agit pas non plus d’une manifestation iranienne, mais de gens qui réclament le respect de leurs droits. Il est tout simplement inadmissible qu’on massacre encore de nos jours des gens qui réclament pacifiquement la liberté et la démocratisation du régime en place. Les tentatives foireuses de dissimulation des faits en déplaçant des blessés d’un hôpital à un autre ou en expulsant des journalistes ne masqueront pas la vérité car grâce à l’information qui circule sur internet, notamment par twitter et facebook, on est très vite au courant de ce qui se passe. Nicholas Kristof, éditorialiste pour le New-York Times, dit avoir reçu des menaces de la part des partisans du gouvernement bahreïni:

Les militants pro-gouvernements m’affirment qu’ils sont pacifiques et un un compris pour m’envoyer ensuite des menaces de mort.

Des journalistes de CNN ont aussi été expulsés de Libye, le jeudi 16 mars.

Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat du gouvernement américain, a affirmé que le Bahreïn était  » sur la mauvaise voie ». Catherine Ashton, la haute représentante aux affaires étrangères de l’Union Européenne (UE),  s’est dîte  » vivement préoccupée par la situation à Bahreïn » et a appelé « au dialogue » dans une déclaration faîte hier. Ces condamnations restent très molles.

La communauté internationale s’est montrée volontariste pour la Libye en décidant de voter une résolution à l’ONU pour intervenir dans les affaires libyennes. Elle doit aussi faire preuve de fermeté pour condamner les scènes de massacre au Bahreïn et l’intervention militaire injustifiée de l’Arabie Saoudite qui bafoue le Droit international. Les Etats-Unis ont une base navale au Bahreïn, ils sont donc tout à fait concernés par les évènements et il leur revient de faire pression sur le monarque Al-Khalifa.


Pourquoi l’Algérie est contre l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Lybie?

Dés le début des révolutions dans le monde arabe, la voix de la diplomatie Algérienne s’est éteinte, le pouvoir Algérien n’a apporté aucun soutien clair aux révoltes et il a même tout fait pour empêcher des manifestations populaires de soutien à ces révoltes dans le pays (on cite une manifestation soutenant la révolution égyptienne fortement réprimée par la police le 11 Février 2011 à Alger), mais la position algérienne au sein de la Ligue arabe concernant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus du pays -frère et voisin- la Lybie pour protéger les civils contre les bombardements des milices du colonel El Kadhafi a choqué l’opinion nationale.

L’Algérie n’a pas accepté l’idée de création d’une zone d’exclusion aérienne en Libye, a indiqué ce samedi 12 mars un diplomate participant à la réunion de la Ligue arabe au Caire. « La décision de la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne a été acceptée par les ministres arabes à l’exception de ceux d’Algérie et de Syrie », a-t-il dit sous couvert d’anonymat à l’AFP. Cette position est venue renforcer des doutes sur le soutien du pouvoir Algérien au colonel El Kadhafi.

Bien avant ça, l’Algérie accusée d’avoir transporté des mercenaires en Lybie par certains sites électroniques et chaines de télévision satellitaires comme Aljazeera, Alarabia et BBC arabic.


Des diplomates libyens à l’étranger ont également évoqué la présence d’avions Algériens et certains ont parlé de présence de mercenaires venus d’Algérie pour prêter main forte aux troupe d’El Kadhafi.


Pire que ça, un pilote Lybien confirme dans un entretien téléphonique avec la chaine BBC arabic qu’il a des documents officiels qui confirment l’utilisation d’avions civils et militaires Algériens pour transporter des mercenaires.

De sa part, l’Algérie a démenti officiellement, l’utilisation d’avions militaires algériens pour le transport de mercenaires en Libye, « Le ministère des Affaires étrangères dément, de la manière la plus catégorique, les allégations mensongères colportées par certains sites électroniques ainsi que par certaines chaînes de télévision satellitaires sur une prétendue utilisation d’avions militaires algériens pour transporter des mercenaires en Libye », précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères.


Ces soupçons envers l’Algérie se trouvent renforcés par l’attitude d’Alger à l’égard des événements en Libye. Alger n’a pas condamné le massacre des populations libyennes par les troupes de Kadhafi. Pire : selon l’agence officielle libyenne, le président Bouteflika a appelé son homologue de Libye pour lui affirmer son soutien. La présidence algérienne n’a pas fait état de cette communication téléphonique.


Bahreïn: sois chiite et tais-toi

Les manifestations au Bahreïn sont essentiellement le fait de la majorité chiite (70% de la population) qui proteste contre les discriminations dont elle est victime dans un pays gouverné par une monarchie sunnite, la famille Al-Khalifa. Bien sur le roi Bahreïni en profite pour dire que les manifestants sont manipulés par l’Iran et faire jouer ainsi le soutien de l’Arabie Saoudite.  Les Etats-Unis, qui ont une base navale au Bahreïn, suivent avec attention la situation et Robert Gates, le secrétaire à la défense, a qualifié « d’insuffisantes » les réformes annoncées par le gouvernement Bahreïni, pressant le roi de faire des concessions pour apaiser la population de peur que la contestation soit instrumentalisée par l’Iran. C’est ainsi qu’après avoir envoyé une douzaine de chars au Bahreïn, l’Arabie Saoudite déploie 1000 hommes armés pour aider le petit royaume vassal à rétablir l’ordre, en clair cogner sur les Chiites, histoire de les faire taire une bonne fois pour toute. Officiellement, l’Arabie Saoudite intervient dans le cadre du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golf (GCC) qui prévoit une intervention militaire en cas d’attaque étrangère, des troupes en provenance des Etats des Emirats-Arabes Unis sont aussi attendues sur place. En réalité, l’Arabie Saoudite craint que le vent de contestation se répande dans les régions majoritairement chiites jouxtant le Bahreïn,très riches en pétrole. Elle était déjà intervenue en 1994 dans un contexte similaire. Si vous voulez en savoir plus sur les enjeux géopolitiques au Bahreïn, regardez l’excellente vidéo du Caspian Report en Anglais.

Le gouvernement saoudien semble oublier la répression des mouvements d’opposition au Bahreïn est déjà d’une violence inouïe, la police tire à armes réelles sur les manifestants, utilise comme au Yemen des gazs paralysant qui détruisent les voies nerveuses, et pratique aussi la torture d’enfants. Comme l’operation leakspin l’avait déjà souligné, les enfants prisonniers sont passés à tabac, violés et n’ont le droit à aucune visite y compris de leurs parents. Al Jazeera a diffusé des images tout simplement édifiantes de la répression particulièrement violente des manifestations au Bahreïn. La police tire sur tout ce qui bouge, on voit même un policier achever un manifestant blessé avec un fusil.

Dans la vidéo, Hussein Shobokshi, éditorialiste pour le journal asharq alawsat qui est un journal saoudien pan-arabe, en réponse à la journaliste qui lui demande si on a affaire à une situation de crise, déclare que les tensions inter-religieuses vont être accrues par cette intervention militaire, concluant « oui c’est une crise« .

Il est à rappeler que les tensions inter-religieuses sont souvent évoquées par le monarque bahreïni ou l’Arabie Saoudite, les groupes d’oppositions chiite qui manifestent, scandent au contraire des slogans d’unions nationales comme « Sunnite, Chiite, nous sommes tous unis ». La famille Al-Khalifa au pouvoir au Bahreïn n’aura cessé d’instrumentaliser les tension religieuses, en faisant d’abord appel à des mercenaires sunnites, essentiellement du Pakistan, et maintenant en faisant intervenir l’armée saoudienne. Sur twitter, qui a été particulièrement actif hier y compris à des heures tardives (pas mal de tweet entre une et deux heures du matin heure, local, ce qui correspond à 23h-minuit heure française), la présence de « voyous armés » (armed thugs en Anglais) est très présente dans les tweets. Les groupes d’opposants pointent la présence d’individus étrangers:

Confirmé: beaucoup de blessés à Saar à cause de tirs d’individus masqués, qui avaient un autre accent arabe (pas barheïni)

Saar est une ville résidentielle huppée du Bahreïn. Les forces de l’ordre Bahreïnies, expulsent avec un grand empressement les manifestants quand ils sont dans les quartiers riches. Depuis avant-hier, des manifestants sont présents dans le quartier financier de Manama. Contacté hier soir par l’operation leakspin sur twitter, un opposant bahreïni du nom d’Anmarek nous a répondu (traduction littérale des tweets de l’Anglais vers le Français):

@opleakspin merci de votre soutien. Des dizaines de milliers de manifestants étaient dans les environs de lulu [NDLR: le quartier du centre-ville de Manama, la capitale proche du centre d'affaires et du quartier des ambassades]. Un bon nombre reste encore ici pour la nuit.

@opleakspin les troupes saoudiennes sont entrées au Bahreïn… Mais ils n’ont encore rien fait … Les voyous du régime attaquent les gens dans différents quartiers du Bahreïn.

@opleakspin les manifestants bloquent toute la rue de Lulu au centre d’affaires.

Aujourd’hui, une manifestation a été organisée devant l’ambassade d’Arabie Saoudite à Manama pour réclamer le départ des troupes étrangères. On signale encore des attaques par des bandes armées dans différents quartiers de Manama ainsi que plusieurs villages. Des appels à l’aide visant la communauté internationale ont été formulés par les opposants qui décrivent une situation chaotique et un état très précaire des hôpitaux qui peinent à soigner les manifestants. Au moment où j’écris, le centre de soin de Sitra subit une attaque de l’armée qui depuis le début de la contestation essaie d’empêcher les manifestants blessés d’être hospitalisés. La situation étant particulièrement confuse, il est difficile de dresser un bilan du nombre de morts et de blessés. Les témoignages qui arrivent évoquent des tirs sur la foule. Un Bahreïni résume ainsi la situation:

Bahreïn est devenu un zoo! Pire, c’est une jungle ! Des citoyens pacifiques non armés sont attaqués par des forces armées brutales !

 

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama

manifestation devant l'ambassade saoudienne à Manama le 15 mars, les manifestants scandent "Dégagez! Dégagez! envahisseurs!" ou encore "la révolution jusqu'à ce que gagnons notre liberté"

Que faire quand un peuple ne ploie pas sous la répression? Cogner encore plus dur, tel ce que font les gouvernements en Libye, au Yemen et à Bahreïn. Les gouvernements autoritaires n’ont pas compris que l’accroissement de la répression ne fera pas taire un peuple excédé, au contraire, le sentiment de haine s’accroit encore plus et les mouvements de contestation peuvent devenir encore plus violents. L’intervention militaire saoudienne n’a fait qu’éveiller un ressentiment encore plus vif vis à vis du gouvernement en place. L’Arabie Saoudite qui voulait contenir l’influence iranienne ne fait au contraire qu’accroitre les tensions religieuses. Une intervention militaire iranienne est peu probable en raison de la présence d’une base navale américaine au Bahreïn. Néanmoins, le climat géopolitique va inévitablement se détériorer, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques notamment sur le plan humain et aussi économique, le prix du pétrole va encore monter pénalisant encore plus une économie mondiale en crise.

photo op barhain 21 février

manifestation de personnels soignants contre les meutres perpétrés par les forces de l'ordre au Bahreïn, il est écrit sur la banderole: "AUCUNE EXCUSE POUR TUER". photo du groupe facebook operation bahrain

La communauté internationale doit condamner cette intervention militaire inique qui ne fait qu’empirer la situation. Vous pouvez signer une pétition contre les violences policières au Bahreïn ici. La situation est particulièrement critique, il ne faut pas oublier le Bahreïn et agir le plus vite possible afin de mettre fin aux massacres. Cessons de penser à l’Iran qui de toute façon n’interviendra pas. Tous les Hommes sont égaux en droits et doivent être traités dignement, qu’ils soient chrétiens, athées, musulmans chiites ou sunnites, juifs, animistes, noir, blanc, jaune, petit, grand, etc…